Le Monaco Yacht Show (MYS) est né de l’intuition d’un jeune entrepreneur monégasque, Luc Pettavino, qui a su, dès les premières éditions, attirer l’attention des chantiers navals. Je me souviens qu’il y a 35 ans, l’ensemble du salon se concentrait sur un petit tronçon du Quai des États-Unis. Une vingtaine de beaux bateaux, quelques drapeaux flottant au vent et le « Pattaya » qui servait de salon. Aujourd’hui, le MYS est organisé par Informa Prestige (qui a également racheté le salon des voitures de rêve Top Marques Monaco) et attire un public international très sélect, intéressé par les super-yachts et les gigayachts. Pour l’édition 2026, 118 bateaux sont exposés à l’eau, dont 45 en avant-première mondiale, c’est-à-dire des nouvelles livraisons, et 60 annexes de luxe sont présentées. 63 chantiers navals sont présents. La valeur totale estimée des bateaux présents ces jours-ci s’élève à 4,5 milliards d’euros. Leur longueur cumulée dépasse les 5 kilomètres.
Dans le secteur de la navigation de luxe, l’objectif actuel est de rendre l’utilisation du yacht plus efficace et la vie à bord plus simple. Des systèmes de stabilisation aux solutions pour les annexes en passant par l’aménagement sur mesure, la tendance est aux équipements qui simplifient les opérations quotidiennes et valorisent le temps passé par les invités. Et le défi reste le même : concilier performances et vie à bord dans des espaces restreints.
Dans les pavillons et sur les quais du MYS, on propose des solutions qui promettent une consommation réduite, moins de roulis, plus de lumière et davantage de praticité pour les équipages et les invités. D’une part, il y a la pression pour améliorer l’efficacité hydrodynamique afin de limiter la consommation et d’optimiser l’autonomie de croisière, tâche qui incombe aux ingénieurs ; d’autre part, la demande d’espaces plus ouverts et de grandes baies vitrées qui pousse les designers et les architectes à rechercher des solutions. Car dans la navigation de plaisance, la relation entre l’intérieur et l’extérieur reste un thème central. La lumière naturelle réduit le besoin d’éclairage artificiel, ce qui a un effet direct sur la perception de l’espace et le confort thermique. Les intérieurs sont aménagés pour accueillir des croisières prolongées : de vastes espaces de vie et des cabines privées conçues pour garantir intimité et confort à long terme, sans pour autant sacrifier l’accès à la mer ni la circulation de l’équipage.
Le confort de navigation repose sur des pales plus fines et des logiciels de contrôle plus intelligents. Des pales conçues avec un bord arrondi pour réduire la résistance jusqu’à 30 % par rapport aux solutions traditionnelles. Sans oublier des stabilisateurs ultra-efficaces etdes propulseursà hélices à cinq pales qui atténuent les pulsations de poussée et le bruit. Concrètement, cela se traduit par un confort accru pour les passagers lors des longs trajets, des manœuvres plus précises en port et une usure moindre des systèmes.
En flânant parmi les stands, on découvre des fauteuils de pilotage qui ne se distinguent pas seulement par leur esthétique : ils permettent d’améliorer la posture du barreur lors des longues navigations. On découvre également des solutions entièrement personnalisées pour la poupe : des trappes transformables, des parois latérales ouvrables et des systèmes hydrauliques pour les échelles et les passerelles. Des solutions qui facilitent l’accès aux invités à mobilité réduite et accélèrent les opérations d’embarquement et de débarquement des annexes.
Le salon MYS accueille des sociétés qui proposent aux armateurs des services de gestion de l'équipage et des fournisseurs : des formules allant de la gestion de yacht à un service de conciergerie exclusif, en passant par la représentation technique de l'armateur au chantier naval. Concrètement, pour un armateur, la différence ne réside pas seulement dans le fait d'avoir un prestataire : il s'agit de trouver un interlocuteur capable de coordonner les chantiers, les équipages et les prestataires au sein d'un ensemble opérationnel complexe qui exige des délais serrés et des réponses immédiates.
Parmi les premières mondiales du MYS 2026, deux productions italiennes des chantiers navals génois Tankoa Yachts sont attendues : le T450 M/Y Singolare de 45 mètres et le M7Y Spirit de 52 mètres, entièrement sur mesure. Au total, 43 nouveaux yachts livrés cette année seront présents au MYS, allant des 24 mètres de l’Arcadia A80 construit à Torre Annunziata aux 102 mètres du Nixie des chantiers navals allemands Lurssen. Du Silver Fox de 74 mètres signé Sanlorenzo au Pangea de 80 mètres du constructeur néerlandais Damen Yachting. La sélection de nouveautés s'annonce extraordinaire pour la trente-cinquième édition du MYS. Il reste toutefois l'inconnue qui pèse sur l'ensemble de l'économie mondiale, à savoir le prix de l'énergie lié aux conflits en cours. Sans oublier l'incertitude de la situation internationale, qui ne favorise pas le marché de la plaisance.

